////////////Oz/////////////////////////////

Constance et Thomas en Australie.

TOUTES LES VIDEOS DU VOYAGE

Publié par thomarchi

http://www.youtube.com/user/antresoie


Publié à 06:23, le 11/09/2012,
Mots clefs :

OUZBEKISTAN

Publié par thomarchi

Le 24 juin 2008, nous ne perdons pas de temps, nous voilà donc dans la capitale Ouzbèke prêts à se confronter aux « customs clearances » indispensables pour récupérer nos chères montures. Nous avons évidemment fait appel à une compagnie d’import-export pour nous aider dans toutes ces démarches…  Notre première visite à Tachkent sera donc celle des bureaux de Transcontinental, guidée par son directeur Ahmar, un personnage haut en couleur qui résume à lui seul le sens de l’hospitalité des Ouzbèkes. Nous débarquons donc, tout excités, chargés de nos énormes sacs à dos, pour repartir la mine déconfite… Nos Minsk, qui devaient arriver demain, sont toujours à Hanoi. Le vol Hanoi-Tachkent a lui aussi été annulé faute de fréquentation de la ligne. Il nous faut donc trouver une autre solution, rapidement et à moindre frais !
Petite parenthèse, je dis « Le vol Hanoi-Tachkent a lui aussi été annulé faute de fréquentation de la ligne » parce que si vous avez bien suivi, nos motos devaient dans un premier temps nous être envoyées à Almaty (ancienne capitale du Kazakhstan) et ce même léger inconvénient s’était donc déjà posé d’où le choix d’une nouvelle destination: Tachkent. On ne vous en veut pas si vous ne comprenez pas tout… on vous l’accorde volontiers, c’est compliqué ces histoires ! Pour la suite des évènements aériens, faisons vite mais faisons clair puisque tout le monde sait déjà que nous avons finalement récupéré nos deux engins.
Après un bref séjour à Ho Chi Minh City d’où notre chère Mrs Khoa (directrice de la compagnie de transport vietnamienne) pensait pouvoir faire expédier nos colis, les motos sont de retour au point de départ: Hanoi. Les Minsk ont maintenant 4 jours de retard, c’est le week-end et nos nerfs, comme vous pouvez l’imaginer, sont mis à rude épreuve. Nous passons le plus clair de notre temps sur internet à s’assurer que des plans d’action sont bien mis en place pour solutionner ce problème majeur dans notre expédition… C’est finalement après un petit détour par Bangkok que nous verrons arriver nos motos à Tachkent une semaine et un jour plus tard que prévu. Maintenant il s’agit de les remonter et d’obtenir nos visas russes…
Oui, parce qu’entre temps, nous avons tout de même fait d’autres choses et notamment quelques démarches infructueuses auprès de l’ambassade de Russie pour obtenir nos visas de tourisme (impossible parce que la durée de nos visas kazakhes est inférieure à 3 mois) puis nos visas de transit (impossible puisqu’il faut le billet de train prouvant qu’on traverse effectivement la Russie, hors ces fameux billets de train ne sont délivrables qu’à partir d’un pays frontalier à la Russie). Notre seule solution de rechange, après avoir demandé l’aide de la secrétaire du Consul à l’ambassade de France, est de dire la vérité, tout simplement. Nous pouvons donc obtenir nos visas de transit sur présentation des papiers des motos, de nos permis de conduire internationaux et pour la modique somme de 95usd chacun ! Non, ce n’est pas qu’une impression, l’administration est usante dans chacun des pays du monde, je suis épuisée rien qu’en vous relatant ces faits !
Top chrono ! Il faudra une grosse après-midi pour dédouaner nos colis et une journée supplémentaire pour remettre nos montures en état et récupérer les visas. C’est donc le dimanche 6 juillet que nous donnons notre premier coup de kick pour sillonner les routes ouzbèkes. Au programme: Samarqand, Bukhara, Khiva, Nukus et beaucoup de déserts !

Tachkent

Dés nos premiers kilomètres qui nous mènent vers Samarqand, les rencontres sont au rendez-vous. Nous sommes d’abord hébergés un premier soir chez un grand-père à qui nous demandions notre chemin dans un petit village. Puis le lendemain par une famille ouzbèke, après deux heures de mécanique forcée sur le bord de la route: première vraie casse du voyage (nous sommes partis depuis 3 jours), un maillon de la chaine de la moto de Thomas a lâché. Nos hôtes nous offrent un toit et à manger, nous les soumettons à des séances photos pour immortaliser ces moments privilégiés, leur proposant de leur en envoyer dés notre retour en France. Malgré la barrière de la langue, quelques mots, gestes ou sourires suffisent pour partager un petit bout du voyage et créer des amitiés aussi éphémères soient-elles.

Samarqand

Si nous n’avons pour ainsi dire croisé personne jusqu’ici, le « Bed & Breakfeast » où nous avons choisi de séjourner, le temps de visiter la ville, grouille de voyageurs venant des 4 coins du globe. Première immersion au sein de la « communauté backpacker »… étouffante ! Ça raconte à qui voudra l’entendre ses 36 voyages autour du monde, ça met sa petite expérience personnelle sur le devant de la scène, ça pose des questions existentielles au petit déjeuner « what’s your traveling philosophy ? » (quelle est ta philosophie du voyage ?)… Enfin, j’exagère un peu, nous avons fait de sympathiques connaissances et amélioré notre anglais. Je crois pouvoir dire que nous avons croisé dans le patio de la Guest House une dizaine de cyclistes venant pour la plupart de Suisse mais aussi de Hongrie et d’Angleterre. Alors c’est qui les fous dans cette histoire ?? Le véritable avantage de ces « réunions » est de pouvoir prendre des renseignements sur les routes que nous emprunterons dans quelques jours… au programme: du bitume, du bitume et quelques routes en travaux (nids de poule, graviers, trous, sables)… En attendant nous ne manquons pas de visiter l’incontournable Registan de Samarqand, ses medressa et le mausolée Shahr-I-Zindah. Ces visites se passent de commentaire, on vous laisse apprécier les photos…
Toujours plus à l’Ouest, des étendues de sable à n’en plus finir parsemées de buissons séchés par un soleil pesant (et de quelques bouteilles de plastique)… notre rencontre avec le désert est impressionnante, pas très rassurante. Pas un arbre pour nous apporter 1 cm² d’ombre, nos pauses, régulières, se font donc en plein cagnard pour boire nos réserves d’eau qui se réchauffent rapidement sous les 45°C ambiant, il ne nous manque plus qu’à y infuser le thé. 

Bukhara

Deux petites journées nous suffiront à rejoindre Bukhara et sans vouloir nous vanter, nous aurions pu parcourir ces 270 kms en un jour si nous n’avions pas été retenu au beau milieu du désert pas la générosité des Ouzbèkes. Nous nous sommes  aventurés dans un village en bord de route espérant y trouver de l’eau fraîche et nous voilà abrités de la chaleur, abreuvés et nourris… et interdiction de repartir avant 16h30, le soleil tape trop ! Incroyable…
A Bukhara nous retrouvons par hasard Guillaume et Maryline, des Grenoblois en vadrouille à bord de leur J5 bleu, avec qui nous déciderons d’un commun accord de faire un bout de route ensemble jusque Khiva. Voilà environ 4 mois que ces deux baroudeurs ont quitté notre bonne vieille France et sillonnent les pays méditerranéens et le Moyen Orient pour rejoindre Bichkek (Kirghizstan) dans quelques temps où ils vendront leur van pour continuer l’aventure en Asie du Sud-est et en Inde à pied.
Nous élisons domicile chez Mubinjon qui tient une petite Guest House réputée pour l’architecture typique de sa maison datant de 1766. Un havre de paix et de silence perdu au fin fond d’une ruelle de la vieille ville et restauré depuis une douzaine d’années par cet amoureux de l’art et des pigeons. Mubinjon pense arriver à bout de ce travail de titan en 2013. On lui souhaite bien du courage. En attendant, on profite des heures trop chaudes de la journée pour bouquiner et se reposer et dés que le temps le permet, nous partons nous perdre dans cette ville labyrinthique. Ce ne sont pas les monuments qui manquent à Bukhara: des anciens bazars couverts, des mosquées, des medressas… Nous étions particulièrement intéressés par l’une d’entre elles, la medressa Rachid, qui, quelques années auparavant, avait été le sujet d’un projet de restauration H.Q.E. réalisé par un architecte Belge, Nicolas Detry. Nous n’avons pas réussi à joindre l’architecte local, collaborateur du projet, mais avons tout de même pu visiter la medressa alors nous ne manquerons pas de vous faire part de cet ambitieux projet tombé à l’eau faute de moyen financier… à retrouver dans la partie architecture.
On the road again, suivi de très prés par notre logistique… Guillaume et Maryline nous déchargent de nos gros sacs à dos pour ces deux jours de traversée de désert et nous leur confions appareil photo et caméra… Un poids en moins sur la moto et dans nos esprits, quoiqu’il arrive dans ce paysage aride, nous ne sommes pas seuls !

Khiva

Ou la ville musée d’Ouzbékistan. Khiva est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une fois passée une des portes des remparts de la ville, c’est un véritable décor de cinéma qui s’offre à nos yeux. Dans un labyrinthe de ruelles se confrontent maisons de terre et monuments musulmans caractéristiques de l’Asie Centrale mais le temps semble s’être arrêté dans cette ville fantôme et seul le tourisme l’anime encore un peu chaque jour. Les petits commerces et les bâtiments administratifs de Khiva, qui participent à son développement, s’implantent forcément à la périphérie et contribuent à l’affaiblissement du vieux centre.
Il est l’heure pour nous de quitter nos compatriotes français pour nous diriger toujours plus à l’Ouest. Après un passage rapide chez le garagiste pour regonfler nos pneus (et oui, nous récupérons chacun nos sacs à dos, soit environs 18 kilos supplémentaires par moto !), nous quittons le dernier oasis, qu’est la région de Khiva, pour traverser nos derniers déserts ouzbèkes avant les steppes du Kazakhstan.

Nukus

Il n’y a qu’une seule bonne raison de se rendre dans cette ville, son musée abrite la plus grande collection d’art soviétique au monde. Malheureusement pour nous, le sort en décidera autrement, je ne verrai de Nukus que les quatre murs de ma chambre d’hôtel miteux. Ce n’est pas la grande forme et nos visas expirent dans 3 jours. Pas de secret dans ces cas là, du repos et du repos.
Deux jours pour relier Nukus à la frontière Ouzbèke-Kazakhe ne seront pas de trop. D’après nos informations,s la route n’est pas en très bon état et pourtant il ne faudra pas traîner… Nous ne voyons pas passer nos premiers 200 kms et quelque et poussons même un peu plus loin que prévu pour planter la tente dans le désert, à côté de deux caravanes réhabilitées en dortoir pour les ouvriers d’un chantier de voirie… Pas de doute, les prochaines bornes qui nous mèneront à la frontière se feront sur de la piste !

La douane et la police Ouzbèke.
Malgré les mises en garde sur les innombrables check points policiers et militaires ainsi que sur la politique de « bakchich » ouzbèkes, nous circulerons tout à fait librement et gratuitement sur ces routes. Une nouvelle politique vis-à-vis des touristes a récemment été mise en place en haut lieu… Quelques arrestations tout de même pour satisfaire la curiosité de ces messieurs en uniformes: deux touristes français en Minsk, ils n’en croisent pas tous les jours ! En effet, cette moto biélorusse, très connue ici, nous sert surement de passe droit.
Pour ceux qui voudraient tenter l’aventure en Ouzbékistan, l’ambassade de France vous délivre une lettre de protectorat qui peut faciliter vos déplacements dans le pays. N’hésitez pas à les contacter, vous serez surpris de leur accueil et de leur disponibilité !! On en profite pour remercier encore Anora et Gauthier…
A la frontière, même topo… Aucun problème ni pour sortir du pays ni pour retourner au Kazakhstan. Aucune fouille des bagages. Aucune perte de temps. La prochaine, c’est la Russie et ça risque d’être moins évident ! on vous tient au courant…

 

Architecture vernaculaire :
L’Ouzbékistan est un pays de terre. J’entends par là que nous ne trouvons que de rares montagnes à l’ouest, mais insuffisamment pour créer un vrai culture de l’architecture de pierre, et pour ainsi dire aucune forêt, faisant du bois un matériau précieux que les Ouzbèkes emploient uniquement pour les structures de charpente et pour le colombage dans certaines régions agricoles. Le pays est majoritairement constitué de steppes et de déserts qui font de la terre le matériau incontournable de l’architecture vernaculaire. Le savoir faire de sa mise en œuvre est ancestral, il se caractérise par différentes techniques.
Si on peut observer l’emploi de la brique de terre cuite, dans un pays où le monde rural est basé essentiellement sur une économie locale, c’est la brique de terre crue qui est privilégiée. En effet, elle a l’avantage d’être fabriquée sur place et à faible coût. Nous trouvons donc en Ouzbékistan une architecture vernaculaire très présente et ce, même en ville où nous observons d’ailleurs un urbanisme spécifique de ruelles étroites labyrinthiques.
Dans les plus grandes villes, c’est le type soviétique qui s’est imposé. Nous retrouvons alors des traces de la ville ancienne généralement autour du bazaar, comme à Tachkent. Elle ne constitue pas un centre mais plutôt un quartier à part d’un système de grandes avenues. Il serait d’ailleurs intéressant de développer plus longuement sur l’urbanisme soviétique et notamment sur l’influence de Monsieur le Corbusier dans ce domaine mais ce n’est pas le propos. Nous vous renvoyons donc, si cela vous intrigue, à cette référence: Jean-Louis COHEN, Le Corbusier et la mystique de l’URSS, théories et projets pour Moscou 1928-1936, Pierre Mardaga Editeur, 1987.
Revenons à nos briques… On peut différencier trois différentes mise en œuvre de la terre.
1/ La brique de terre:
C’est la technique que l’on aura le plus rencontré. Les briques de terre séchée mesurent 40x20x15. Elles sont donc réalisées sur le chantier en utilisant la terre de décapage du terrain mélangée à de l’eau et de la paille qui solidifiera l’ensemble telle une armature. Les briques sont séchées au soleil pendant plusieurs jours avant d’être utilisées, sachant que la température ambiante est de 45°C.
Elles sont ensuite traditionnellement maçonnées au mortier de terre sur un soubassement de pierre. Aujourd’hui on observe plus fréquemment l’utilisation du parpaing pour le soubassement ainsi qu’un vide sanitaire ventilé. On peut à ce moment trouver avant la maçonnerie une feuille étanche pour empêcher les remontées capillaires afin de protéger la base du mur.
Dans ce climat aride, été comme hiver, une bonne épaisseur de mur est indispensable pour isoler l’habitation. Celui-ci mesure 40cm ce qui correspond à la largeur de deux briques juxtaposées ainsi qu’à la longueur d’une seule. L’assemblage de la maçonnerie se fait donc par croisement des briques à chaque lit successif. La terre est un bon isolant qui suffit à garder la fraîcheur l’été et inversement à maintenir la chaleur produite l’hiver. Afin de renforcer cette caractéristique naturelle, la maison ne disposera que de peu d’ouverture.
Dans ce type de construction, la toiture est réalisée en deux étapes. D’abord un plancher en bois vient se poser directement sur la dernière assise de la maçonnerie, il constituera le plafond à l’intérieur de la maison. Sur ces poutres vient reposer un portique qui recevra ensuite les pannes formant la pente de la toiture. Cette forme de charpente se réfère à celles rencontrées traditionnellement en Asie du Sud-est. Etonnamment les couvertures sont en tôle ondulée fibrociment ou métallique. Nous n’avons vu aucune couverture en tuile, en chaume ou en lause… Entre le plancher et la couverture subsiste un vide qui peut servir de stockage dans les fermes agricoles. En général, le pignon de la toiture est donc ouvert et laisse apparente sa structure en bois.
Enfin, les façades de l’habitation peuvent être recouvertes d’un enduit de terre puis peintes, traditionnellement à la chaux blanche, ce qui par la même occasion a la particularité de repousser les insectes. Les menuiseries sont elles peintes en bleues ce qui confère à la maison un petit côté méditerranéen.
2/ L’adobe de terre:
Ce deuxième type de mise en œuvre de la terre utilise la technique du banchage pour l’élévation des murs porteurs. Elle consiste donc à réaliser un coffrage en bois de l’épaisseur voulue pour le mur et d’y couler un béton de terre par couche successives de 40 à 50 cm. Après séchage du dernier lit on répète l’opération jusqu’à atteindre la hauteur souhaité pour le mur. Le béton de terre est constitué d’un mélange de terre argileuse, de paille et d’agglomérats tels que le gravier. C’est dans la région de Khiva, au Sud-ouest, que nous avons principalement observé cette technique. Elle est le plus souvent associée à l’emploi de la toiture plate en terre battue. Ainsi directement sur les murs porteurs, une série de poutre est posée et recouverte de plusieurs couches de lits de paille croisés, qui constitueront le plancher, puis d’un mortier de terre. Cette épaisseur de terre est travaillé, battue, lissée afin de la rendre un maximum compacte et étanche. Les rares pluies de l’hiver ruisselleront et seront évacuées par des ouvertures prévues à cet effet dans l’acrotère. Ces toitures servent également de stockage pour la paille, la laissant sécher au soleil.
3/ Le colombage, remplissage de briques, enduit:
C’est à Bukhara que nous avons découvert cette troisième technique. Sous l’enduit de terre usé par le temps apparait une structure porteuse en bois, qui constitue les murs de l’habitation, remplie de briques disposées aléatoirement. Elle repose également sur un soubassement en pierre, identique à celui des techniques présentées précédemment, afin d’éviter une détérioration trop rapide du bois dû à l’humidité du sol. La charpente de la toiture s’inscrit dans la continuité de la structure en colombage. Cette mise en œuvre nécessite un enduit de façade plus épais, en raison de sa moins bonne adhérence avec le bois, et doit être régulièrement renouvelé.


Publié à 18:08, le 4/07/2012,
Mots clefs :

RUSSIE

Publié par thomarchi

TRANSIT EN RUSSIE 04 août_13 août

Si vous avez bien suivi toutes nos péripéties, vous savez déjà que nous n’avons pu obtenir qu’un visa de transit pour traverser la Russie (pour les autres, ceux qui sont un peu perdus, se reporter au chapitre sur l’Ouzbékistan). Nous n’avons donc le droit qu’à 10 jours dans ce grand pays… il s’agit de s’organiser!
Une fois la frontière passée nous rejoignons Volgograd en deux jours. Quel bonheur de retrouver la verdure! Si quelques steppes persistent dans le paysage, nous trouvons tout de même pour notre premier campement en Russie un bout de rivière et quelques arbres… et ma foi en charmante compagnie. Dans notre recherche du lieu parfait pour planter la tente, nous tombons sur une famille russe en vacances qui nous invite à se joindre à eux. L’ambiance est à la fête et la vodka coule à flot! Malgré quelques appréhensions de ma part, nous passerons une excellente soirée. Un premier aperçu de la générosité des Russes… D’ailleurs nous repartirons avec un cadeau à déguster à notre arrivée dans le Nord!

Volgograd

L’ex Stalingrad s’étend sur près de 80 kms le long du célèbre fleuve la Volga, qui donne aujourd’hui son nouveau nom à la ville. A notre entrée dans celle-ci, la route jusqu’au centre-ville nous paraît interminable, la fatigue aidant (plus de 400 bornes en 2 jours… en Minsk). Une pause photo hasardeuse sur un parking, d’où nous pouvons observer la « géante mère patrie à l’épée », sera l’occasion d’une rencontre avec deux motards intrigués par nos montures. Solidarité oblige entre amateurs de deux roues, ils nous aideront à trouver l’hôtel où nous séjournerons durant notre visite de la ville. Hôtel incontournable puisque nous y croiserons du beau monde… Un anglais de 65 ans échappé d’un rallie en GS1200, deux allemands sur leurs vieilles BMW dignes de motos de collection et une voiture belge du Rally Mongol, un peu à la traine apparemment puisque les derniers participants croisés en date étaient au Kazakhstan…
Petite visite de la ville au hasard des rues… et visite inévitable du mémorial de la 2ème guerre mondiale sur la colline Mamaïev Et nous sommes déjà repartis.
Il ne nous faudra pas moins de deux heures pour sortir de Volgograd. Nous décidons alors de nous arrêter chez un garagiste pour régler nos problèmes électriques… un peu marre de mettre son bras pour tourner ou doubler, tel un cycliste, et un peu peur également des contrôles ukrainiens à venir… Mais nos montures donnent du fil à retordre aux mécanos russes et l’après-midi ne suffira pas à venir à bout des deux motos…Sergueï, un ami du garagiste, nous regarde travailler sur la première Minsk. Il vient très vite faire la conversation à Constance qu’il trouve apparemment à son goût. Les présentations étant faites et la deuxième moto n’étant pas réparée, nous nous invitons chez Sergueï grâce à son ami Alexis, professeur de français et interprète pour l’occasion. Ils sont tous deux ravis, l’un de pouvoir nous accueillir chez lui et rester plus longtemps en compagnie de Constance, qu’il couvrira de fleurs et de cadeaux, l’autre de pratiquer son français avec d’autres personnes que ses étudiants. Nous resterons donc une journée de plus à Volgograd… pour revisiter le mémorial mais en compagnie de deux guides et sous le soleil cette fois-ci. Cette rencontre est aussi l’occasion de nous expliquer ce qu’il se passe en Ossétie du sud. Le soir où nous dormons chez Sergueï, nous apprenons ensemble par le journal télévisé que la guerre est déclarée par la Géorgie sur cette région indépendantiste aidée par les Russes. Il nous est difficile de comprendre les explications d’Alexis même si son français est très bon, mais peut être que lui non plus n’a pas compris tous les problèmes géopolitiques du moment et les informations en russe ne nous aident pas à mieux comprendre. Malgré l’invitation de Sergueï à prolonger notre séjour chez lui, nous devons quitter notre hôte qui comprend bien qu’avec notre visa de 10 jours, il sera juste de faire la route dans les temps si nous acceptons. Il fera tout de même une dizaine de kilomètres avec nous pour nous mettre sur la bonne route après la sortie de Volgograd. Quand nous sommes accueillis, ce n’est jamais à moitié. Nous n’en demandons jamais tant, mais avec le recul, c’est surement cela qui nous fait tenir la distance de ce voyage, savoir qu’il y aura toujours des hommes pour nous aider loin de chez nous… Si c’était le but du projet d’aller à la rencontre des gens, c’est souvent le contraire qui se passe: ce sont les gens qui viennent à notre rencontre.
Nous continuons notre route vers la République de Crimée en Ukraine par les petites routes aux milieux des champs de tournesols. Notre deuxième nuit sous la tente sera la dernière en Russie puisque nous trouverons par la suite de sympathiques hôtes.
D’abord Katia et sa famille qui nous interpellerons de leur jardin pour nous inviter à prendre le thé et chez qui nous passerons finalement la nuit. Nous goûterons pour la première fois au fameux borch’, une soupe à base de betteraves, de carottes, de choux, de pommes de terre, de tomates et d’oignons, avec des morceaux de bœuf, servie avec de la crème fraîche… et ce n’est que l’entrée! Comme chaque fois que nous sommes invités, nous sommes nourris comme des rois et tous les produits sont locaux!!! La plupart des fermes que nous croisons vivent en autarcie. Katia possède environ 3 hectares de potager, des cochons, des poules, un taureau et une vache (le lait frais le matin… un délice!)…De quoi s’occuper pendant que son fils Sacha travaille à la coopérative agricole du village. La maison est simple comme souvent : les toilettes sont dehors (comme toujours) ainsi que la douche. L’eau courante n’existe pas, il faut actionner la pompe pour remplir la réserve d’eau de la douche, située au-dessus de celle-ci ou un seau qui servira à faire la cuisine.
Le départ a toujours un goût amer, il est délicat de quitter ces gens qui nous traitent comme de vrais amis et que nous ne reverrons surement jamais. Nous prenons à chaque fois leur adresse pour envoyer les photos de notre soirée qu’ils pourront ajouter à l’album de famille que nous regardions ensemble après le repas.
La route, encore la route. Quand nous sommes sur nos motos, le temps n’existe plus. A chaque pause, c’est le coup de fatigue, les douleurs qui se réveillent. Une fois repartis, tout disparait. Concentration, divagation, contemplation sont les maîtres mots des motards en voyage, le nez au vent, presque libres sur les routes toutes tracées par la carte. La boussole orientée, nous vérifions tout de même que le cap reste le bon. Le tout étant de ne pas aller vers l’Est…
Ce soir, comme tous les autres, nous cherchons un endroit où dormir. Nous sortons de la route et nous enfonçons dans une plaine irriguée de canaux tracés par l’homme. Les chemins, assez larges pour les machines agricoles, sont bordés de roseaux, nous ne voyons ni les champs, ni l’horizon. Nous nous arrêtons dans une sorte de coopérative agricole communautaire (un ancien kolkhoze peut être). Il y a un jardin avec un mémorial de la seconde guerre, sous une pergola une série de bancs, disposés face à une petite estrade comme dans une salle de classe, doit surement servir de lieu de réunion aux ouvriers agricoles pour écouter le responsable qui organise le travail de tous. Trois bâtiments servent de dortoir. Le toilette et la douche sont deux cabanes en bois, dehors. Les lieux ont l’air un peu abandonné aujourd’hui: un seul bâtiment est en partie occupé, ce qui permet aux deux hommes présents ce soir là de nous offrir une chambre pour la nuit. Ça sent le vieux, des toiles d’araignées décorent les murs et les fenêtres et les lits sont presque moisis... Nous aurions été plus au propre dans notre tente, mais on ne refuse jamais un toit en dur.
Dernière ligne droite en Russie… Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de la frontière maritime qui nous sépare de la République de Crimée. Comme chaque fois, nous appréhendons légèrement les contrôles douaniers. Ils sont au centre des discussions avec les autres voyageurs et il est souvent question d’histoire de corruption…
Dernière pause pour contempler un nouvel aspect de la campagne russe… ses vignes! Une moto nous double alors et Thomas a juste le temps de voir qu’elle est immatriculée en 01… Nous remontons sur nos Minsk et démarrons en trombe espérant la rattraper?!!?? C’est finalement au check-point que nous les rencontrerons, un couple français et leur Pan European… sans leur carte grise! Nous les abandonnerons là avec les numéros des ambassades et consuls en Russie avant de rejoindre la vraie zone de sortie de territoire et ses 300 mètres de queue (que nous déciderons rapidement de doubler). Il nous aura fallu une après-midi entière pour changer de pays, un record!
Il est alors environ 13h30, un premier guichet pour acheter des places pour nous et nos motos à bord du bac, un deuxième guichet pour vérifier que nos papiers sont en règles pour sortir de Russie… Malheureusement, ce ne sera pas le cas pour nous. Nous ne nous sommes pas enregistrés au bureau d’immigration russe, puisque tout simplement nous ne la savions pas, ce qui n’a pas l’air d’être une bonne excuse auprès du douanier… Anyway cela nous coûtera 80 euros… Urgl!! Puis enfin le véritable poste frontière, après avoir remplis des formulaires à un troisième guichet. Entre temps, Fabrice et Delphine ont retrouvé leur papier et nous ont rejoins dans la valse de l’administration. Tout le monde est en règle et nous pouvons embarquer sur le bateau… et attendre aussi que les autres soient en règle et qu’ils embarquent… Nous larguons les amarres, enfin. Quelques minutes plus tard nous débarquons en Ukraine, encore un contrôle mais plus rapide celui-là… Il est 19H15. Heureusement la compagnie de Fabrice et Delphine nous aura permis de ne pas voir ces 6 heures passées et une bonne bière fraîche nous fera vite oublier cet après-midi éreintante.

 


Publié à 17:11, le 4/07/2012,
Mots clefs :

Page précédente Page suivante


Accueil
Constance et Thom
Mon itinéraire
Livre d'or, un petit message!
Album photos
Archives
Nos amis

Albums Photos

Ca passe...Par là!!!



Derniers articles
- /////Escale indonesienne//////////
- /////Wildlife//////////
- /////Retour vers la civilisation//////////

Rubriques
- News Letter
- Outback
- Sydney
- Vietnam
- ANTRE SOIE, notre précédant voyage
- Compagnie Bourlingue

Nos amis
- sarastakouer
- fabworld
- thomarchi

Newsletter

Saisissez votre adresse email